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Les Verts des Pays d'Evreux Avre et Iton

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mardi 31 juillet 2007

Dénoncée en 1977, arrêtée en 1997, le démentellement de la centrale nucléaire de Malville ne s'achèvera pas avant 2023... et à quel coût !




Le 31 juillet 1977, plusieurs dizaines de milliers d'antinucléaires convergeaient sous la pluie, au milieu des champs de maïs, vers le site de Malville, en Isère. Ils voulaient s'opposer à la construction, commencée l'année précédente, de ce qui devait être le fleuron de la technologie électronucléaire française : le surgénérateur Superphénix. Au cours des affrontements avec les forces de l'ordre, un manifestant, Vital Michalon, était blessé mortellement par l'explosion d'une grenade offensive et deux autres étaient blessés. Pour commémorer ce drame, un rassemblement, auquel appelle le réseau Sortir du nucléaire, doit avoir lieu, mardi 31 juillet à 15 heures, dans la commune voisine de Faverges.

Trente ans après, l'ombre de Superphénix plane toujours sur le nucléaire français. Couplé au réseau électrique en janvier 1986, le réacteur prototype à neutrons rapides, victime d'incidents à répétition, n'aura été en service qu'un peu plus de dix mois en neuf ans, avant de finir par fonctionner de façon à peu près satisfaisante en 1996. L'année suivante, le gouvernement de Lionel Jospin - dont Dominique Voynet était ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement - décidait de mettre fin à l'expérience.

Depuis le décret de mise à l'arrêt, le site de Creys-Malville s'est transformé en chantier pilote de démantèlement. Car, par rapport aux réacteurs nucléaires classiques, dont huit sont également en cours de déconstruction (à Bugey, Brennilis, Chinon, Chooz et Saint-Laurent), celle d'un surgénérateur pose des problèmes particuliers, liés à la nature du combustible, contenant du plutonium, et à celle du liquide de refroidissement, constitué de sodium.

Dans un premier temps, les éléments combustibles, soit 364 assemblages fissiles comportant 4,8 tonnes de plutonium et 233 assemblages fertiles d'uranium, ainsi que diverses pièces de protection et barres de commande, ont été retirés du réacteur. Ils ont été mis à "refroidir" en piscine, sur le site, dans un Atelier pour l'évacuation du combustible (APEC) qu'EDF a été autorisée à exploiter pour trente ans. Y est également entreposé un deuxième coeur tout neuf, non brûlé, qui avait été commandé avant la fermeture.

La destination finale de ces combustibles n'est pas encore arrêtée, indique Serge Klaeylé, directeur du Centre d'ingénierie, déconstruction et environnement d'EDF. Il avait été envisagé de les retraiter dans les usines de la Hague (Manche) d'Areva. Mais EDF considère aujourd'hui ces éléments non comme des déchets, mais comme "des réserves de combustible susceptibles d'être valorisées", soit dans les filières MOX (mélange d'uranium et de plutonium), soit dans les futures centrales.

Ne subsistent dans la cuve du réacteur que des éléments ne présentant pas de risque de "criticité", c'est-à-dire de déclenchement de réaction nucléaire. Ils sont eux aussi en cours d'extraction et rejoindront la piscine. Dans le même temps, la salle des machines a été vidée de ses turbines et de ses pompes, soit 150 000 tonnes de déchets non radioactifs.

Reste l'épineux problème du sodium fondu, dont le circuit primaire de refroidissement, les boucles secondaires et diverses installations recelaient 5 500 tonnes. La difficulté vient de ce que ce matériau s'enflamme à l'air et détone au contact de l'eau. Une unité spéciale de traitement, composé de deux réacteurs chimiques, est en cours d'installation sur le site et devrait démarrer en 2008.

Le principe, expérimenté sur la centrale de Dounreay, en Ecosse, et validé par les ingénieurs du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), consiste à faire tomber au goutte-à-goutte le sodium liquide dans de l'eau, dans un environnement neutre d'azote. Le produit de cette réaction est de la soude, qui sera incorporée à du béton. Quatre à cinq années seront nécessaires pour neutraliser la totalité du sodium et il faudra attendre vingt ans pour que les 70 000 tonnes de béton accumulés sur le site, dont la radioactivité "sera comparable à celle du granit", précise Serge Klaeylé.

Entre 2013 et 2023 devrait alors être réalisée la dernière partie de la déconstruction : la démolition du bâtiment réacteur, où la cuve et certaines structures métalliques, chargées en cobalt 60, restent très irradiantes. EDF, dont le scénario de démantèlement prévoyait au départ de laisser la radioactivité décroître pendant un demi-siècle, a finalement décidé, pour toutes ses centrales fermées, de les raser au plus vite, afin de rendre le site "à l'herbe".

Alors seulement, à l'issue de un milliard d'euros de travaux, sera tournée la page de ce qui demeurera dans les mémoires comme l'un des épisodes les moins glorieux de l'aventure nucléaire nationale.

Pierre Le Hir

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Commission Culture :

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Commission Démocratie participative :

Faire de chaque citoyen un acteur engagé

Attaques contre les droits démocratiques, insécurité sociale croissante, dégradation des services publics et recul de l’État-providence sous l’effet de politiques soumises aux diktats d’une adaptation de notre société aux exigences de la mondialisation libérale, c'est le résultat des politiques libérales et sociales libérales menées depuis des années à des degrés divers.

Voilà 5 ans maintenant que la droite est revenue aux affaires, ce sont quatre ans qui n’ont fait qu’aggraver la situation, 4 ans de reculs aussi dans le domaine environnemental, avec un gouvernement qui s’est érigé en syndicat des lobbies de la chasse, des bétonneurs du littoral, de la route, de l’industrie chimique, du nucléaire, des OGM, et qui brille par son inaction face aux changements climatiques et à la crise de l’énergie. 5 ans de contre-réformes.

Cette entreprise de démolition a été menée avec constance, en dépit des oppositions qu’elle n’a cessé de rencontrer parmi les classes défavorisées et une partie des classes moyennes, grandes victimes de cette politique, ce qui montre le peu de cas que ce gouvernement fait de la démocratie. Mais pouvions-nous en douter ?

Lorsque nos dirigeants ne cessent de marteler, jour après jour, et les média derrière eux, que c’est l’économie qui commande et que le politique ne peut rien faire, si ce n’est à la marge, il n’est pas étonnant que la politique suscite une défiance croissante chez le citoyen.

Et pourtant, contrairement à ce que l’on entend souvent, nos concitoyens manifestent en maintes circonstances leur intérêt pour le débat et pour l’action collective.

Et ce, même s’ils le font en dehors des partis politiques et des institutions : ainsi, les banlieues défavorisées ne sont pas seulement des lieux de désespérance, elles témoignent souvent d’une grande richesse d’initiatives.

Ou regardons avec quel “appétit” de débat la société s’est saisie du projet de traité constitutionnel pour l’Europe, ou encore l’intérêt que suscitent les projets d’aménagement et les choix publics qui touchent à notre vie quotidienne.

On parle beaucoup de la crise de la politique. Pourtant, face aux urgences actuelles, nous avons besoin plus que jamais de politique. Ce qui est en cause en réalité, c’est notre modèle étriqué de démocratie représentative qui érige un mur entre “dirigeants” et “dirigés” et qui a peur des citoyens conscients. C’est le politique lui-même qui se discrédite, lorsqu’il s’efface devant l’économie et les experts, censés dicter les seules solutions possibles, en l’absence de tout débat démocratique. Si, en effet, il n’y a qu’une seule réponse possible, s’il n’y a plus de projet, à quoi sert donc le politique ?

Nous ne voulons plus de cette politique-là. Nous voulons donner à la politique le rôle qui devrait être le sien dans la société : donner du sens à notre vie commune, permettre à chacune et à chacun d’entre nous de se retrouver dans une aventure collective. Pour cela, la politique ne peut plus rester le domaine réservé de professionnels de la politique, elle doit être largement partagée : c’est pourquoi les citoyens doivent se réapproprier le pouvoir de décision.

Rendre ce pouvoir au citoyen, c’est d’abord lui assurer une vie décente, car personne ne peut remplir vraiment son rôle de citoyen s’il vit dans l’angoisse du lendemain, c’est reconnaitre sa dignité et sa valeur quelle que soit sa situation. C’est donner à une vie associative riche et indépendante les moyens de se développer. C’est aussi préserver et développer les services publics, en démocratiser profondément la gestion, au plus près des personnes intéressées. C’est refuser que le travailleur perde sa qualité de citoyen lorsqu’il franchit la porte de l’entreprise. C’est instaurer à tous les niveaux la démocratie participative, en permettant à chacun de participer à l’élaboration des décisions qui le concernent, c’est accepter les débats publics contradictoires sur toutes les grandes questions de société, au lieu de décider dans le secret. C’est démocratiser les institutions de notre République, renforcer la décentralisation en lui donnant des règles claires et les moyens réels de son exercice, généraliser les évaluations des politiques publiques et rendre compte aux citoyens de l’action de ses élu-e-s. C’est enfin aller vers une VIe République par la voie d’un référendum . Il est temps en effet que la parité entre hommes et femmes soit une réalité, que le renouvèlement de nos représentants soit assuré par une limitation drastique du cumul des mandats, que notre Parlement accueille la diversité des opinions grâce à des élections proportionnelles, que les citoyens aient un droit d’initiative législatif auprès d’un Parlement renforcé.

Il est temps enfin que politique rime avec éthique grâce à la réforme du statut pénal du chef de l'État.

Nous voulons promouvoir cette autre conception de la politique. L’approfondissement de la démocratie conditionne aujourd’hui la capacité de la société à maitriser son avenir, au lieu d’être le jouet des forces économiques dominantes.

Septembre 2006